Même type d’innovation
Dans le cadre d'un cours simulant des défis professionnels, les étudiant-es travaillent en groupes sur des enjeux de développement durable, proposent des recommandations et participent à des débats avec des parties prenantes.
Le format de cours en bloc de 2 semaines laisse peu de temps pour travailler sur un objet concret à évaluer à la fin de cette période. L’idée de l’enseignant est donc d’initier les étudiant-es à la formulation de projets moins dans l’optique d’aboutir à une proposition concrète de recherche, mais davantage à la rédaction d’un policy brief. Il propose cet objectif tout en focalisant les apprentissages sur les éléments essentiels à acquérir en début de Master à savoir l’esprit d’équipe et la construction d’une volée solidaire.
L’objectif global de ce cours tient en ce que les étudiant-es s’engagent dans un processus d’apprentissage par la pratique conçu pour simuler un défi typique auquel ils/elles pourraient être confronté-es dans leur carrière professionnelle. Ils/elles sont amené-es à travailler avec des personnes qu’ils/elles ne connaissent pas, analyser un problème dont ils/elles ne savent pas tous les détails, présenter un ensemble d’options politiques pour régler le problème et défendre ces options auprès de divers intervenant-es.
Pour ce faire, chaque groupe de 4 étudiant-es va sélectionner un enjeu de développement durable évoqué pendant le cours ou rencontré sur le terrain. Les étudiant-es doivent ensuite identifier 5 ou 6 objectifs ou cibles pertinents pour cet enjeu, analyser les interactions entre eux/elles, identifier les acteurs/trices et les ressources qui leur sont liés et proposer un ensemble de recommandations pour relever le défi choisi. L’ensemble de ces analyses et recommandations fait alors l’objet d’un débat avec les principales parties prenantes représentées par les étudiant-es.
Après 2 semaines de cours, une présentation débat sous la forme d’un exercice de négociation est organisée. Chaque groupe endosse à tour de rôle 2 rôles différents. Le premier et le plus important est celui d’une commission d’expert-es qui reçoit le mandat d’identifier et d’analyser un défi de développement durable. C’est le rôle qu’endossent les étudiant-es en présentant leur projet. Le 2e rôle est celui d’un groupe d’intervenant-es qui réagit aux présentations et négocie avec les autres groupes d’intervenant-es. Chaque groupe peut adopter l’un des rôles suivants en tant que groupe d’intervenant-es : ONG environnementales (WWF, Friends of the Earth, Greenpeace), acteurs/trices du secteur privé dans les secteurs polluants (producteurs/trices de pétrole ou de charbon), groupes de citoyen-nes (groupes qui défendent les droits civils des citoyen-nes), municipalités/administrations locales (mairie), scientifiques (Conseil international des sciences sociales ou Association internationale des universités) et agence des Nations Unies. Afin de jouer ces rôles, les étudiant-es doivent s’inspirer des différents intervenant-es rencontré-es pendant les séances de cours ou les sorties sur le terrain (ONG, Croix Rouge, visite des Nations Unies, du quartier international). L’objectif de ces négociations n’est pas de trouver un consensus, mais d’identifier les points de tension et d’offrir d’autres solutions, chercher des alliances.
L’activité d’une durée totale de 1h05 est organisée sous cette forme : 15 min de présentation, 5 min de consultation entre les délégations des parties prenantes, 15 min de déclarations des délégations, 5 min de réponse des présentateurs/trices, 20 min de négociations et 5 min de conclusion.
À la suite du débat, chaque groupe doit produire un policy brief écrit qui reprend le défi de développement durable choisi, ainsi que les objectifs ou cibles visés, l’analyse des interactions, l’aperçu des acteurs/trices et des ressources, la description des solutions proposées ainsi qu’un aperçu des positions des groupes de parties prenantes durant le débat.
L’évaluation du cours comprend la présentation pour 40% (organisation, qualité du support, contenu), la gestion et la qualité du débat 20% (empathie/respect des positions des autres, authenticité du rôle endossé, qualité de l’argumentation), et le policy brief final pour 40%.
Afin d’accentuer l’objectif de teambuilding qu’endosse ce cours, un bootcamp de 2 jours à Chamonix est proposé aux étudiant-es. Pendant ces 2 jours, les étudiant-es sont amené-es à effectuer des activités de groupes comme de la randonnée, à aller sur le terrain pour observer les enjeux de développement durable et rencontrer des acteurs/trices sur le terrain qui présentent et discutent de ces enjeux sur les régions de montagne.
Ce format bloc de 2 semaines (journées de 8h30 à 18h30) est très dense que ce soit pour l’équipe enseignante ou pour les étudiant-es qui n’ont pas assez de temps pour mener à terme leurs projets. L’enseignant note cependant que c’est idéal pour développer un esprit d’équipe malgré le fait qu’au niveau pédagogique cela soit trop concentré pour permettre aux étudiant-es de s’approprier le contenu. Il n’en reste pas moins que cela leur permet de s’initier aux enjeux qu’ils/elles rencontreront dans leur vie professionnelle avec comme approche la volonté de savoir ce qu’il est possible de mettre en place comme solution.
L’enseignant souligne l’importance de la dimension créative du jeu de rôle, mais aussi de la participation des différents intervenant-es dont les étudiant-es peuvent s’inspirer pour argumenter lors du débat.
« Je pense qu’une contribution majeure de cette conférence est qu’elle introduit la question des intentions aux étudiants, qui devrait en effet être un accent particulier dans au moins une conférence sur la durabilité. Comme nous sommes un groupe très diversifié en termes d’antécédents, de nombreux étudiants peuvent arriver sans avoir envisagé les agendas politiques auparavant. Nous montrer des cadres pour prendre en compte les parties prenantes et nous préparer à des jeux de rôle en tant que différents a aidé à sédimenter les connaissances acquises dans les lectures. » « C’était, à mon avis, une façon intéressante de commencer le Maître, dans le sens où en étant toujours ensemble, nous avons rapidement appris à nous connaître. Ce fut un excellent exercice de consolidation d’équipe. » « Le défi de préparer autant en si peu de temps est stimulant. »