Même type d’innovation
L'enseignant utilise une simulation de marché pour permettre aux étudiants de vivre directement les concepts théoriques étudiés en classe. En leur attribuant des rôles d'acheteurs et de vendeurs, les étudiants négocient entre eux afin de découvrir le point d'équilibre du marché, confirmant ainsi la prédiction initiale de l'enseignant.
Avant de changer le format de cours, la microéconomie demeurait un domaine conceptuel et abstrait pour les étudiant-es. Ils/elles ne mobilisaient pas leurs connaissances théoriques dans le « monde réel » et ne semblaient pas très bien en saisir les tenants et aboutissants. De ce fait, le format du cours a été modifié dans le but de leur donner un rôle actif au sein du cours au travers duquel ils/elles expérimentent directement la théorie et son apport fondamental à la pratique.
L’enseignant fait participer les étudiant-es à la simulation d’un événement étudié en cours comme, par exemple, un marché. Il fixe certaines conditions (chaque étudiant-e possède une seule denrée à acheter ou vendre à un prix fixe), ce qui lui laisse la possibilité de complexifier la simulation en ajoutant des contraintes.
Concrètement, l’enseignant fait une prédiction sur le prix moyen auquel la denrée se vendra. Cette prédiction est basée sur la théorie de l’équilibre du marché. Il inscrit ce chiffre sur un post-it affiché face cachée devant la classe. Les étudiant-es se voient aléatoirement attribuer le rôle d’acheteur ou de vendeur. Ensuite, une carte à jouer (comportant un chiffre de 1 à 10) est attribuée aléatoirement à chaque étudiant-e. Le chiffre sur cette carte représente le montant auquel ils/elles veulent vendre ou acheter la denrée fictive. Si le nombre d’étudiant-es excède 60, le professeur n’utilise pas les cartes, mais la plateforme en ligne Pingo et propose aux étudiant-es une version salle de marché, où ils/elles procèdent à une enchère à main levée et sortent de la vente une fois une offre ou une demande effectuée. Durant la première heure de cours, les étudiant-es vont donc se comporter comme des professionnel-les dans un marché et tenter de trouver un acheteur ou un vendeur.
Durant la seconde heure de cours, l’enseignant récolte les prix de vente et d’achat auxquels les étudiant-es ont échangé leurs denrées et il réalise un graphique représentant l’offre et la demande au sein du cours. Ceci dans le but de montrer aux étudiant-es que le point d’intersection des 2 courbes correspond à sa prédiction affichée sur le post-it en début de cours.
Ce format de cours permet aux étudiant-es d’expérimenter directement les concepts théoriques clés. Ceux-ci peuvent être divers et variés (ex., comment se forme une coalition dans un département, les conflits d’intérêts dans le bien public ou encore la problématique du passager clandestin). Ainsi, l’enseignant s’appuie sur l’expérience propre de chacun-e pour construire son enseignement.
Ce type de démonstration requiert un nombre minimum de participant-es sans quoi elle ne reflète pas la réalité. Elle ne peut donc pas se réaliser avec moins de 20 étudiant-es.
Il est remarquable de voir à quel point les étudiant-es se prennent au jeu et comment cette expérience va impacter leur apprentissage théorique. Par exemple, l’émotion vécue — positive ou négative — qui est parfois très forte va teinter l’apprentissage théorique en y mêlant connaissances pratiques et vécu personnel.