Même type d’innovation
Le Video Learning Lab engage les étudiant-es dans l’analyse de situations authentiques d’enseignement filmées et la conception de scénarios de formation. Il favorise une articulation théorie-pratique, un apprentissage actif et le développement d’une posture réflexive.
Les formations à l’enseignement sont confrontées à deux enjeux majeurs : articuler les savoirs académiques et les pratiques professionnelles, et développer la capacité d’analyse des pratiques. Les étudiant-es peinent souvent à établir des liens explicites entre les concepts abordés à l’université et les situations de terrain. Ce décalage s’explique notamment par le manque de dispositifs permettant de rendre l’activité professionnelle observable, discutable et intelligible.
Par ailleurs, l’analyse des pratiques est encore fréquemment abordée selon des modalités transmissives, qui limitent l’engagement des étudiant-es et leur accès à la complexité des situations réelles. Dans ce contexte, l’enjeu pédagogique consiste à soutenir une mise en relation active entre concepts, analyse de l’activité et développement professionnel.
Le Video Learning Lab (VLL) s’inscrit dans cette perspective. En mobilisant des vidéos de situations authentiques, il offre des supports concrets pour observer, analyser et problématiser des pratiques professionnelles, tout en favorisant la confrontation de points de vue et le développement d’une réflexion ancrée dans l’expérience.
Le dispositif pédagogique repose sur l’utilisation du Video Learning Lab, structuré autour de trois fonctions complémentaires : un observatoire permettant l’analyse de situations réelles filmées, un laboratoire dédié à la conception et à l’expérimentation de scénarios de formation, et un conservatoire visant la capitalisation et le partage ressources.
Dans ce cadre, l’observatoire permet aux étudiant-es de s’engager dans un processus progressif qui les conduit à analyser des séquences vidéo issues de contextes réels d’enseignement, à identifier des phénomènes professionnels significatifs et à confronter leurs interprétations à celles de différents acteurs et actrices du domaine. Les différentes vidéos permettent de multiplier les de points de vue de différents protagonistes : enseignant-es filmé-es, autres enseignant-es, élèves, formateur-trices, chercheur-es, direction d’établissement. Ces analyses sont discutées collectivement afin d’affiner la compréhension des enjeux des situations observées.
Au sein du laboratoire, les étudiant-es conçoivent ensuite, en groupe, des scénarios de formation intégrant les vidéos de situations authentiques comme support d’apprentissage. Ces productions font l’objet d’analyses réflexives et de retours collectifs, permettant d’interroger les effets des choix de conception de leurs pair-es sur les apprentissages. Ce dispositif les place non plus uniquement dans une position de « consommateur-rices » de contenus pédagogiques mais dans une posture active d’auteurs et autrices de leur apprentissage, en mobilisant les concepts du cours dans des situations authentiques. Ils et elles mobilisent la vidéo comme outil d’analyse des pratiques professionnelles, participent activement à la conception de scénarios de formation alimentant le conservatoire visant à former autrui et analysent les effets générés par la réalisation de ces scénarios par leurs pair-es.
L’évaluation du cours repose principalement sur les productions réalisées par les étudiant-es (scénarios de formation, analyses) ainsi que sur leur capacité à mobiliser des outils d’analyse et à adopter une posture réflexive. Elle valorise à la fois le processus d’apprentissage et les résultats produits.
La mise en place d’un dispositif tel que le Video Learning Lab (VLL) représente un investissement important, à la fois sur les plans technique, audiovisuel et pédagogique. Le développement de la plateforme s’est structuré en trois phases complémentaires : l’observatoire, le laboratoire et le conservatoire, permettant respectivement de documenter des pratiques, de concevoir des dispositifs et de partager des ressources.
Le dispositif favorise une implication accrue des étudiant-es, une meilleure articulation entre théorie et pratique et un développement de la réflexivité. Il contribue également à faire évoluer le rôle de l’enseignant-e vers une posture d’accompagnement.
Sa mise en œuvre nécessite toutefois une préparation pédagogique importante, notamment dans la sélection des situations filmées et dans la structuration des activités d’analyse. Un accompagnement étroit des étudiant-es est essentiel pour soutenir le développement de leurs compétences d’observation, d’analyse et de conception.
L’appropriation technique de la plateforme est généralement rapide et intuitive pour les étudiant-es. L’enjeu principal réside dans leur capacité à s’approprier les vidéos comme objets d’analyse à mobiliser dans le cadre de scénarios de formation, en dépassant une lecture descriptive pour accéder à une compréhension plus fine des situations professionnelles.
Le dispositif présente un fort potentiel de transfert dans d’autres formations centrées sur l’analyse des pratiques professionnelles.
« Le cours est très complet. Il passe par la théorie, la pratique, des situations réelle vraiment c’est très riche. » « La partie théorique était bienvenue pour se saisir des attentes futures : création de notre scénario. De devoir nous immerger dans les différentes vidéos à nécessiter notre analyse ce qui a mis en pratique la théorie : élément fort utile pour notre compréhension de l’autorité pédagogique. De plus, des liens ont pu être fait aussi entre des questions de terrain (remplacement, stage) et la théorie grâce aux réponses de Mme Lussi-Borrer. » « Les enseignantes sont très compétentes et passionnées par leur travail ce qui se ressent lors des cours. Elles apportent les éléments théoriques en les reliant à la pratique par le biais de témoignages et d’expériences sur le terrain, auxquelles on a accès via de courtes séquences vidéos, ce qui permet de faciliter la compréhension des apports du cours et de fixer la mémoire didactique. »
Cet·te enseignant·e accepte que des collègues observent son cours. En savoir plus →