René Daher

Visualisations 3D

René Daher

Ivo Krejci

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Projet

Un scanner haute résolution a été utilisé pour numériser des dents, permettant ainsi la création de reconstructions en 3D. Ces modèles 3D sont ensuite diffusés lors des cours offrant aux étudiants la possibilité d'examiner les dents sous tous les angles, de zoomer sur les détails importants, et même de reconstruire virtuellement des dents endommagées.

Cours : Anatomie dentaire
Depuis :2019
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Situation de départ

Les étudiant-es de ce cours obligatoire n’ont aucune connaissance préalable sur l’anatomie dentaire. L’enseignant estime que les étudiant-es devraient apprendre l’anatomie d’un organe en le visualisant non pas en 2D comme le proposent les diapositives utilisées depuis des années, mais sous sa véritable forme, c’est-à-dire, en 3 dimensions (3D). Cette nouvelle forme de visualisation permet aux étudiant-es, dès le début de leurs études, d’avoir une vision plus réelle de l’organe sur lequel ils/elles travailleront durant toute leur carrière.

Mise en place et déroulement

Des dents ont été scannées avec un scanner de haute résolution (micro CT). Ce type de scanner par rayon X permet d’obtenir un degré de précision très fin. Contrairement à une « simple » modélisation 3D, il permet également de voir à l’intérieur de l’objet. Sur la base des scans obtenus, l’enseignant a utilisé un logiciel libre (Blender) afin de pouvoir créer des reconstructions en 3D.

Ces visualisations en 3D stéréoscopiques sont diffusées par l’enseignant en direct lors de son cours dans les salles de cours équipées d’écrans 3D. Les étudiant-es sont de leur côté équipé-es de lunettes 3D. Les photos en 2D limitent la visualisation des organes à certains points de vue seulement. Avec les visualisations 3D proposées, les étudiant-es accèdent à une vision globale de l’organe, lequel peut être largement agrandi afin que chacun des détails nécessaires ressorte, et que l’image paraisse réelle. Ils/elles peuvent, par exemple, visualiser les zones anatomiques les plus susceptibles à la carie (les sillons étroits et les surfaces moins accessibles au nettoyage), et comprendre pour quelles raisons ces zones le sont. Cela leur permet également d’apprendre la forme physiologique des dents pour les reconstruire en cas de perte de tissus.

Les reliefs 3D de l’organe permettent à l’enseignant de décrire clairement les structures anatomiques, visualisées en direct et en 3D par les étudiant-es. L’interprétation ou traduction des diapositives 2D vers la réalité 3D n’est alors plus nécessaire et l’apprentissage s’en trouve fluidifié. Ces visualisations peuvent également servir à proposer aux étudiant-es des représentations 3D de dentitions de patient-es afin de leur permettre de s’entraîner avant de pratiquer sur des patient-es réel-les.

Retour et conseils

La modélisation et l’animation 3D ont été spécifiquement appliquées dans ce cours à la médecine dentaire. La démarche pédagogique pouvant tout à fait être élargie à n’importe quel cours d’anatomie et plus largement à d’autres disciplines.

Pour ce transfert, la partie la plus longue et laborieuse est la création et l’animation du contenu 3D. Il convient ensuite de pouvoir faire son cours dans une salle équipée de vidéoprojecteurs (ou écrans) 3D et de lunettes 3D. Sinon l’alternative serait l’utilisation de visionneuses de réalité virtuelle (Google Cardboard ou autre alternative non coûteuse) en combinaison avec des smartphones si disponibles.

Avis des étudiant·es

Le succès a été fulgurant dès le début du projet. Les étudiant-es ont été instantanément captivé-es par cette nouveauté, et leur attention soutenue tout au long du cours. Le succès suivant fut constaté lors des travaux pratiques lors desquels les étudiant-es doivent sculpter une dent dans de la cire. La majorité des superviseurs a eu l’impression que les étudiant-es de cette année ont fait un très bon travail. « [Les points forts :] Le sujet intéressant, une nouvelle méthodologie, visionnage d’extraits ou de films que je n’aurai pas l’occasion de voir autrement, liberté́ du format d’examen. Les lectures constituent souvent un bon complément. » « Le cours prend la forme d’une discussion, ce qui est agréable et enrichissant, car nous apprenons de la professeure, mais aussi des autres étudiants. » « Les séances de visionnage de films contrebalancent bien les cours plus théoriques. Ils permettent de rendre compte plus clairement les éléments vus en cours. » « [Les points à améliorer :] Plus de pratique sur la réalisation d’un film, comment le faire, comment le lier à la recherche, les méthodologies, le concret sur le terrain et la mise en mot et en image de la recherche. J’ai appris beaucoup de choses intéressantes sur la place du film dans la recherche, mais me sens vraiment démuni de repères quant à̀ la méthodologie, la pratique, le montage, etc. »

Annexes