Apolline Torregrosa

Apprentissage par le corps

Apolline Torregrosa

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Apprentissage par le corps
Projet

Le cours vise à prendre conscience du rôle du corps dans l’enseignement/apprentissage et à expérimenter des activités qui mobilisent le corps des élèves, à partir d’approches artistiques utilisables dans différents contextes.

Depuis :2024
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Situation de départ

Le cours s’adresse principalement à des étudiant-es se destinant à l’enseignement primaire. Le public est hétérogène et ne dispose pas nécessairement d’une formation artistique.

Initialement focalisé en didactique, le cours a été repensé en croisant la dimension transversale et didactique, pour considérer la corporéité de l’enseignant afin d’approfondir sur la place du corps dans l’enseignement et les apprentissages à partir de séquences en arts. En abordant la corporéité de l’enseignant, il est plus évident ensuite de saisir les enjeux de l’enseignement et apprentissage par le corps pour les élèves.

Ce changement s’appuie sur des constats récurrents en formation et en stage. Les étudiant-es rencontrent des difficultés liées à la posture professionnelle (présence corporelle, regard, voix, déplacements, gestion de l’espace) et disposent de peu d’occasions de travailler ces dimensions dans leur formation.

Le cours propose ainsi de développer la conscience du corps comme composante du geste professionnel et d’explorer des situations pédagogiques qui mobilisent l’engagement corporel des élèves, dans les enseignements artistiques et dans d’autres contextes d’apprentissage.

Mise en place et déroulement

Le cours repose sur une approche expérientielle. Les étudiant-es vivent des situations mobilisant le corps, puis analysent leurs apports pour la pratique enseignante (comment mon corps agit, comment faire agir le corps des élèves). Les séances alternent activités pratiques, temps d’échange et apports théoriques.

La première partie du semestre est consacrée à la posture professionnelle. Des ateliers d’improvisation, de mouvement et de vocalité permettent de travailler la présence, le regard, l’écoute et la coordination dans l’interaction. Plusieurs séances sont animées par une intervenante spécialisée en improvisation théâtrale. Des activités simples permettent d’aborder le rapport au corps de manière accessible, par exemple à partir des objets portés au quotidien.

Dans un second temps, les expériences sont mises en lien avec des situations d’enseignement. Les étudiant-es explorent la gestion du regard, la circulation dans l’espace et l’organisation spatiale comme leviers pour soutenir l’attention et les interactions. Certaines activités consistent à reconfigurer l’espace de la classe pour favoriser le dialogue ou la coopération, ou à expérimenter des postures d’observation de l’environnement sous différents points de vue.

La dernière partie du semestre propose des dispositifs à partir de pratiques artistiques (théâtre d’ombres, activités inspirées de la danse, du cirque ou des arts visuels). Ces situations permettent d’identifier des activités transférables dans les enseignements artistiques ou dans d’autres domaines.

L’évaluation comprend deux éléments classiques. Un travail individuel d’analyse porte sur une situation de stage en lien avec la posture corporelle de l’enseignant-e. Un travail de groupe consiste à concevoir une séquence en arts de huit périodes intégrant la corporéité comme point de départ. Le projet fait l’objet d’un rapport écrit (entre 5 et 10 pages) et d’une présentation orale. Le tout est évalué à l’aide d’une grille de notation développée par l’enseignante.

Retour et conseils

L’enseignante attire l’attention sur le fait qu’un tel format de cours nécessite des salles adaptées, offrant un espace suffisant et du mobilier facilement déplaçable. La possibilité de reconfigurer rapidement la salle est importante pour permettre les activités corporelles et les travaux en groupe.

Les retours des étudiant-es ont montré l’importance de rendre explicites les contenus théoriques qui sous-tendent les activités. Il est important que ces activités soient liées à des temps plus structurés, plus théoriques afin de présenter les notions clés et les cadres de référence.

Les approches expérientielles et corporelles peuvent déstabiliser les étudiant-es, peu habitué-es à ce type de format. Leur mise en place demande un cadrage clair, avec des objectifs explicites, des consignes précises et des critères d’évaluation bien définis. Une structuration visible du dispositif permet de renforcer sa lisibilité et sa légitimité auprès des étudiant-es. Il est à la fois primordial d’instaurer un climat de confiance et de bienveillance pour que les étudiant-es puissent y participer sans gêne, et que ces ateliers soient formatifs pour leur pratique future.

Avis des étudiant·es

« J’ai beaucoup apprécié les quelques cours non-magistraux ; ça change énormément de ce qu’on rencontre habituellement à l’uni et j’ai pris beaucoup de plaisir à y venir (impro, poterie). » « Le cours est très varié. Nous avons eu peu de cours magistraux, plusieurs ateliers en salle de danse et même un atelier argile. Aussi, les contenus du cours sont très liés à notre pratique et à la fin de tous les cours, je suis vraiment plus au clair sur la place que prend la corporéité dans mon enseignement. » « J’ai vraiment apprécié la structure du cours ainsi que la place accordée aux ateliers. L’organisation claire des séances, alternant apports théoriques et ateliers pratiques, m’a permis de mieux comprendre les notions abordées et de les expérimenter concrètement. Les ateliers ont favorisé l’engagement, les échanges et une meilleure prise de conscience du corps, ce qui rendait le cours dynamique, cohérent et agréable à suivre. »

Annexes

Observation entre pairs

Cet·te enseignant·e accepte que des collègues observent son cours. En savoir plus →